Aujourd'hui,
URGENT
Covid-19: la vaccination des Burkinabè débutera dans la première semaine de juin 2021.
Santé : un premier lot de 115.000 doses de vaccins contre la Covid-19 est arrivé au Burkina Faso. 
Oudalan: les populations de Tin Akof se réfugient près du camp militaire après une attaque terroriste. 
Santé: l'OMS valide le vaccin chinois Sinopharm pour usage d'urgence contre la Covid-19. 
Sécurité alimentaire: le CILSS prévoit une saison pluvieuse humide pour la campagne agricole 2021-2022. 
Coopération: le président Xi Jinping réaffirme l’engagement de la Chine en faveur de la solidarité et de la coopération avec l’Afrique.
Politique: Alassane Bala Sakandé rejette un appel de jeunes pour sa candidature à la présidentielle 2025. 
Somalie: l’Union africaine a nommé l’ancien président du Ghana, John Mahama, au poste de Haut représentant. 
Football: la CAF décide du report des éliminatoires de la Coupe du monde de la Fifa Qatar 2022.
Yako : un enfant de près de 14 ans s’est donné la mort jeudi, par pendaison au secteur n°4 de Yako (AIB).  

CULTURE

Le long métrage « Fre » du réalisateur éthiopien Kinfe Banbu est en lice pour l’obtention de l’Etalon d’or de Yennenga. Son film, qui traite de la tragédie d’une fille de 15 ans violée par trois hommes, a été projeté ce lundi 27 février 2017 dans la matinée au Ciné Burkina. Pour le réalisateur, ce film est tiré d’une histoire réelle.


Le film met l'accent sur la vie d'un père veuf. Après que sa fille Fre ait été violée par trois hommes, le père passe par des hauts et des bas pour sauver sa fille sexuellement abusée internée à l’hôpital.
Après quelques jours d’hospitalisation, Fre décède pendant que son géniteur était allé chercher un médicament. Pris de colère, il décida de venger sa fille en tuant de sang-froid deux des trois violeurs et en crevant l’œil du troisième.

En somme, ce film dramatique reflète comment la vie peut basculer d’un moment à l’autre. Problématique du viol des mineurs, système sanitaire précaire, vengeance, manque de confiance à la justice et vie familiale déséquilibrée sont les thématiques abordées par le cinéaste éthiopien dans le présent film.

Cette fiction d’une durée de 97 minutes a été réalisée à Addis-Abeba, en Ethiopie. Le plus saisissant dans cette « tragédie » est la transmission de l’émotion  par l’image. Le cinéphile est attiré de bout en bout et est plongé émotionnellement dans le film. La souffrance de Fre à l’hôpital et le désarroi de son père est vécue par le public.

Le réalisateur a aussi privilégié de montrer directement l’assassinat des deux violeurs par le père. Sang et coup porté sont montrés dans des gros plans comme pour montrer la rage de la vengeance. Les séquences s’enchainent harmonieusement et le jeu d’acteur très bien mené par les acteurs principaux fait de ce film une œuvre agréable à voir.

Autre bon point de ce film : la qualité des images. Des images sur lesquels on n’a pas du tout envie de se détourner. Outre cela, ce film s’est aussi écarté de la traditionnelle « happy End » : Fre va mourir après une souffrance atroce (physique et morale) à l’hôpital et son père a été condamné à 23 années de prison pour le meurtre des violeurs. Une fin inattendue par les cinéphiles qui espéraient une guérison de la petite Fre.

Ce qui est déplorable dans cette fiction, est le fait que l’auteur ait privilégié la vengeance privée avec la loi du talion, « œil pour œil dent pour dent » au lieu de la justice. La justice n’est intervenue qu’après le meurtre des violeurs. Cette question de la vengeance privée a été posée au réalisateur mais il était très embarrassé. Finalement, il n’a pas pu répondre à la question. Il a juste lancé un « I dont know ». Pour une journaliste européenne, le réalisateur a voulu tout simplement dénoncer le manque de justice surtout pour les questions de viol dans certaines contrées de l’Afrique. Malgré tout, c’est une belle fiction qu’appréciera le public africain. Mais attention, Le film a été tourné en langue locale et sous-titré en anglais…

Dimitri Kaboré