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Burkina: le cyber-activiste Naïm Touré relâché «sans aucune charge»
Burkina: le Front patriotique pour le renouveau (FPR), parti d'opposition, du Dr Aristide Ouédraogo suspendu pour 3 mois
RDC: la France annonce 65 millions d'euros d'aides au pays
Football: les Étalons du Burkina font match nul (0-0) face à l'Ouganda au titre de la 1re journée des éliminatoires de la Can 2021
Coopération: l’Algérie prête à mettre son expérience à la disposition du Burkina dans la lutte contre le terrorisme
Burkina: le cyber-activiste Naïm Touré interpellé par la police 
Economie: la Chine veut apporter plus d'opportunités à la croissance économique mondiale
Education: le Burkina veut rendre effective l’obligation de la scolarisation des enfants de 06 à 16 ans d’ici à 2030
Burkina: hausse du taux brut de scolarisation au primaire passant de 33,8% en 1994 à 88,5% en 2017 (Officiel)

TRIBUNE

Dans cette tribune, Jérémie Yisso Bationo, enseignant chercheur à Ouagadougou, anaalyse l'évolution historique du Burkina de sa création à nos jours. Il invite surtout les Burkinabè à soutenir le chef de l'Etat dans le combat contre le terrorisme et à mettre fin à certaines pratiques qui sont des obstacles au développement.

De la « fière Volta de nos aïeux » au « pays des hommes intègres »,  le Burkina Faso, s’est, à l’image du vin, bonifié au fil du temps. Aujourd’hui, en dépit des ouragans, des bourrasques, des eaux tumultueuses, des prévisions apocalyptiques et ubuesques,  la barque résiste. Puisant aux tréfonds d’eux-mêmes, les Burkinabè veulent « oser inventer l’avenir » malgré toutes les ronces qui jonchent le chemin. L’homme n’est-il pas un être en situation ?  Le terrorisme et tous les complots ourdis pour faire  plier l’échine au pays et à ses vaillants habitants  s’avèrent aujourd’hui être des adjuvants pour renforcer l’unité nationale, la résilience, les capacités d’adaptation et d’anticipation d’un pays qui a su se faire une place dans le concert des nations de par sa témérité et son ardeur au travail. Dans un contexte caractérisé par des menaces endogènes et exogènes,  les intérêts claniques, égoïstes, les  basses manœuvres politiciennes doivent s’estomper. L’intérêt supérieur de la Nation doit être le référentiel de nos faits et gestes. Le centenaire du pays nous offre l’agréable opportunité de nous livrer à un exercice en 03 temps : une rétrospective. Une introspection. Une prospective. Les hommes passent. Le pays demeure. Il nous appartient de ne pas céder ce pays en lambeaux aux générations à venir.

100 ans d’histoire mouvementée

1er mars 2019. C’est exactement à cette date que la colonie de Haute-Volta (actuel Burkina Faso) voit le jour. Le pays auquel nous sommes fiers d’appartenir et que nos devanciers ont construit au prix de moult sacrifices a donc 100 ans d’histoire. La liberté, la dignité, la combativité figurent au rang des valeurs séculaires du Burkina Faso.  C’est pour cette raison que le pays et ses habitants  ont su opposer de farouches résistances aux conquêtes coloniales françaises.  La révolte de Bani Volta en est illustrative. En 1932, l’histoire s’accélère. Sous le fallacieux prétexte qu’elle n’était pas économiquement viable, la colonie de Haute-Volta est désintégrée. Elle est alors repartie entre le Soudan français (actuel Mali), le Niger et la Côte d’Ivoire qui s’accapare 56% du territoire. Evidemment, les Voltaïques de l’époque refusent d’avaler la couleuvre. De vives protestations s’organisent autour des chefs traditionnels (dont le Moogho-Naaba Koom II est l’une des figures emblématiques) et des leaders politiques issus aux premières heures  de l’Union pour la défense des intérêts voltaïques (UDIV).La stratégie est payante. Le 4 septembre 1947, la France tourne casaque. La Haute-Volta est reconstituée dans ses frontières de 1932.  A partir de la reconstitution, de nombreux hommes politiques  émergent.  Il en est ainsi de Joseph Issoufou Conombo, de Ouezzin Coulibaly, de Gérard Kango Ouédraogo, de Joseph Ouédraogo, de Maurice Yaméogo,... Le 11 décembre 1958, la République voltaïque est proclamée. A la mort de Ouézzin Coulibaly la même année, Maurice Yaméogo devient Président de la 1re République. Le 5 août 1960, il proclame l’indépendance de la Haute-Volta. De 1960 à 1987, le Burkina Faso connait des régimes d’exception. C’est sous le Conseil National de la Révolution (CNR) dirigé par le Capitaine Thomas Sankara entre 1983 et 1987 que le pays change de nom.  Le 04 août 1984 en effet, la Haute-Volta devient le Burkina Faso.  Pendant la révolution,  les populations consentent de nombreux sacrifices : réduction des salaires, restriction des libertés syndicales, travaux d’intérêt collectifs,… Mais très vite, les contradictions entre les dirigeants révolutionnaires (Thomas Sankara, Blaise Compaoré, Henri Zongo et Jean-Baptiste Ouédraogo) se terminent dans un bain de sang. Le capitaine Thomas Sankara est assassiné le 15 octobre 1987, avec 12 de ses compagnons. Blaise Compaoré devient Président. Il crée le Front populaire. C’est la « rectification» de la révolution du 4 août 1983. 

Un peuple héroïque

Le 02 juin 1991, le peuple burkinabè adopte par référendum une nouvelle constitution instaurant la IVe République après 11 ans de régime d’exception et une histoire constitutionnelle mouvementée. La volonté de Blaise Compaoré de se maintenir au pouvoir advitam aeternam à travers la modification de l’article 37 de la constitution entraine sa chute brutale en octobre 2014. Il est  chassé du pouvoir suite à une insurrection populaire qui a  le mérite de mettre fin à 27 ans de règne sans partage. Le monde entier est admiratif devant le courage du peuple burkinabè qui aura décidé de mettre fin à l’infamie pour prendre en main son destin. En septembre 2015, ce même peuple se dressera encore courageusement  contre l’imposture du Général Gilbert Diendéré dans son putsch avorté contre la transition. Le 29 novembre 2015, au terme  d’une élection citée comme faisant partie des plus ouvertes et des plus démocratiques de l’histoire du pays, Roch Marc Christian Kaboré du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP) accède à la magistrature suprême. 

Le terrorisme ne saurait vaincre !

Les tenants actuels du pouvoir ont été cueillis à froid. Avant même qu’ils ne soient bien installés, le pays  faisait face à sa première attaque terroriste le 15 janvier 2016. Les premières semaines de gouvernance ont été consacrées à gérer les conséquences des attentats.  Le pays a donc connu un ralentissement économique ce d’autant plus que le coup d’Etat manqué qui a failli remettre en cause la transition en septembre 2015 avait occasionné des pertes sèches de plus de 50 milliards de FCFA.  Aujourd’hui, les attaques terroristes se multiplient occasionnant de nombreuses pertes en vies humaines.  Quelques voix s’élèvent souvent pour critiquer l’action de l’exécutif en matière de lutte contre le terrorisme. Ce qu’il faut  retenir, c’est que c’est un phénomène mondial qui frappe de pleins fouets même les Etats les plus puissants  et disposant des meilleurs moyens de renseignement.  Le Burkina Faso est malheureusement la victime d’intérêts géopolitiques qui se jouent au Sahel. Les richesses du sous-sol du Sahel qui regorge de pétrole et de métaux précieux tel l’or, attisent les convoitises. Le terrorisme est donc devenu un fonds de commerce et un business très lucratif, une mafia où les super puissances et des personnalités puissantes se combattent par  groupes terroristes interposés avec son cortège de trafic de toutes sortes : drogue, cigarettes, carburant, armes, personnes humaines, rançonnement des personnes enlevées, pillage, exploitation de ressources minières tels l’or dans certaines localités contrôlées par les terroristes, viols, mariage forcés etc. 

Sous l’impulsion du Président du Faso, les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) sont engagées de façon ferme et déterminée contre  toutes les forces qui veulent anéantir les efforts de développement du Burkina Faso, mettre en péril le vivre ensemble et la cohésion sociale. Les résultats sont déjà visibles. Ils iront crescendo car nous disposons d’une armée républicaine au Burkina Faso. Aucun homme politique ne peut tirer profit de  la détérioration de la situation sécuritaire du pays. En ces moments douloureux, il faut une union sacrée autour du Chef de l’Etat qui a prêté le serment d’assurer la sécurité de chaque burkinabè et de sauvegarder l’intégrité du territoire. La critique stérile n’a guère sa raison d’être. Un fin analyste politique en la personne de Mélégué Maurice Traoré le reconnait : « Je vous assure que, quelle que soit la personne qui aurait été à la place de Roch Kaboré, elle aurait les mêmes difficultés. Objectivement, je ne suis pas sûr que ceux qui critiquent le plus Roch Kaboré feraient mieux que lui, s’ils étaient à sa place. Il faut être honnête parce que la situation est difficile partout ».

La solution au terrorisme bien qu’étant la combinaison de plusieurs paramètres (renseignements, politiques, équipements armés adéquats, lutte contre la pauvreté, etc) repose avant tout sur les populations, c’est-à-dire sur chaque Burkinabé. Tous autant que nous sommes, nous devons résolument nous engager pour la patrie. S’engager pour la patrie c’est :

• Renoncer à la stigmatisation  d’ethnies ou de communautés(Les terroristes sont sans foi ni loi)

• Ne jamais collaborer de quelque manière que ce soit avec des terroristes

• Renoncer à l’apologie du terrorisme à travers les discours haineux dans les médias ou sur les réseaux sociaux

• Ne jamais s’enrôler dans des rangs terroristes

• Se départir de l’extrémisme violent

• Soutenir les FDS et les autorités dans leurs efforts de préservation de la paix et de la cohésion sociale

Après avoir été privés pendant longtemps de véritable liberté (rappelez-vous de l’époque où on chantait « si tu fais, on te fait et il n y a rien », certains citoyens veulent de nos jours être plus royalistes que le roi. Même dans un Etat de droit, la liberté a ses limites. L’incivisme, la défiance de l’autorité de l’Etat, le prosélytisme, la haine et la médisance sont des contre valeurs. En plein renouveau, le  Burkina Faso doit asseoir son essor sur le socle de l’engagement désintéressé, de la responsabilité, du patriotisme. Aujourd’hui plus encore qu’hier, ce pays étonnera le monde de par son ingéniosité et l’humanisme de ses fils et filles. 

Jérémie Yisso BATIONO

Enseignant chercheur

Ouagadougou

 

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