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SOCIETE

A l’occasion de la commémoration de la 162e  journée internationale de la Femme, les femmes salariées de la compagnie aérienne Air France ont décidé de remplacer cette journée classique par une journée dite «citoyenne» en faveur des enfants autistes de l’Association burkinabè d’accompagnement psychologique et d’aide à l’enfance (Abape). 

Visite du centre, activités avec les enfants et un déjeuner avec les pensionnaires ont été  les tâches de «ces monitrices» d’une journée. En plus de communier avec ces enfants,  elles ont apporté un lot de fournitures scolaires (feutres, peinture, crayons de couleur, papiers) et on offert un goûter aux enfants. Selon Rolande Ouédraogo, responsable marketing à Air France Burkina, c’est une façon pour elles de rompre avec le «classique» et rendre leur journée citoyenne en visitant ce centre. 

«Ensemble, nous avons réfléchi et on s’est dit qu’au lieu de faire ce que nous faisons d’habitude, nous allons cette année approcher un centre. Ensemble, nous avons réfléchi et nous avons eu un coup de cœur pour l’Abape. L’an dernier, le responsable est venu dans notre structure pour des informations concernant son centre, donc l’idée de rendre visite au centre est née de là. Nous avons appelé le responsable pour lui passer l’information» s’est-elle justifiée. Un appel qui a enchanté le responsable de l’Abape, Boukari Pamtaba. «J’étais la personne la plus heureuse lorsque ces femmes m’ont informé de leur venue au centre. Depuis notre création, nous n’avons jamais eu un regard de l’extérieur. Et étant donné que ce sont des femmes qui sont venues, elles ont touché du doigt la réalité du centre et en dénommant cette journée «journée citoyenne» cela, pour montrer la souffrance d’une mère qui a un enfant handicapé» s’est-il exprimé. Cette idée de visiter le centre a «touché le cœur» de toutes les femmes de cette compagnie.

 «Un constat impressionnant !»

 «Avec l’accompagnement de la direction, nous avons tout organisé et toutes les femmes ont tout de suite adhéré. Je me suis dite que ce n’était pas évident de mobiliser les gens un jour férié mais elles ont toutes adhérées et elles se sont mobilisées» se réjouit la responsable marketing de la compagnie aérienne au Burkina.

Cette journée avec ces enfants a permis à ces «monitrices» du jour de toucher du doigt les réalités que vit le personnel encadrant. «C’est noble le travail abattu par les psychologues et les moniteurs de ce centre» a lancé Rolande Ouédraogo qui dit être émue : «C’est impressionnant! C’est vrai qu’on voit de loin mais on ne s’imagine pas que c’est du boulot que de s’occuper de ces enfants. On voulait voir comment les moniteurs s’occupent de ces enfants mais, lorsque nous sommes arrivées, nous étions touchées. Et c’est la souffrance de la femme qu’on voit. Personne ne souhaiterait que son enfant soit dans ces conditions et on n’aurait pas voulu que ce centre existe mais, ce sont des choses qui arrivent et il va falloir les prendre en charge et les aider. Nous avons constaté que ce sont des enfants qui ont beaucoup d’amour. Ils aiment être encouragés, ils sont attachant et on ne peut que les aider» a révélé la responsable marketing toute émue.

Crée en 2011, avec des activités beaucoup plus orientées sur la prise en charge, l’Abape a pour vocation de valoriser l’éducation inclusive des enfants autistes et d’efficience intellectuelle à travers une prise en charge adaptée.

Des difficultés subsistent…

Actuellement, le centre compte près de 90 enfants dont 46 qui ont un âge compris entre 2 à 5 ans. Ces derniers sont à la maternelle et viennent au centre que dans la soirée pour une réhabilitation. Et les enfants dont l’âge est compris entre 7 et 10 ans viennent le matin pour un suivi et une prise en charge. «Il y a 10 enfants que nous avons pu intégrer dans une école primaire de la place dont la première promotion est en classe de CE1» a affirmé M. Pamtaba.

Le responsable a fait savoir que la difficulté majeure est le nombre accru des enfants que compte le centre présentement : «En 2011, nous étions à 11 enfants mais actuellement, nous nous retrouvons avec près de 90 enfants. Ce qui fait que malgré les dispositions éducatives que nous avions eu à mettre en place, nous n’arrivons pas à tout réaliser. Du coup, les enfants dont l’âge est compris entre 2 à 5 ans sont dans des écoles maternelles dispersées. Et, cela demande des efforts supplémentaires» déplore-t-il.  De ce fait, il souhaiterait donc avoir un cadre approprié qui contient une école spécialisée, la maternelle et le primaire. «On allait réunir nos forces dans un même environnement» lance-t-il. 

Par ailleurs, il déplore le manque d’accompagnement de l’État burkinabè. «Nous répondons au besoin spécifique de l’État. Donc, nous avons besoin d’être accompagnés afin que ces enfants qui sont les oubliés du système éducatif, puissent avoir leur droit primordial qui est le droit à l’éducation» suggère le responsable de l’Abape en appréciant à sa juste valeur le geste des femmes de Air France. «Cette visite de Air France qui est un regard de l’extérieur, réconforte ce que nous menons comme actions». Et ces femmes ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. Elles promettent de donner «le peu de moyen» qu’elles ont pour venir en aide au centre. 

Notons que les activités de ce centre sont financées en partie par les parents des enfants et de l’ONG Light for the world.

 

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