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Nestorine Sangaré (à gauche) est favorable à sa reprise par l'Etat

ECONOMIE

Au cours d’un point de presse tenu  le samedi 27 avril dernier à Ouagadougou par le  Consortium Burkina 2050, sa coordonnatrice, Nestorine Sangaré, a plaidé pour une reprise de sa gestion par les services publics. Elle a estimé que la gestion opérée depuis 1994 par Sitarail du groupe Bolloré n’a pas profité au Burkina Faso. Pour le Consortium Burkina 2050, cette convention révisée en 2017 est un nouveau cadeau offert au groupe Bolloré.

L’actualité nationale a été marquée au cours de 2018 par les tractations visant la modification de la Convention de concession révisée (CCR) qui proroge la gestion du chemin de fer par Sitarail pour 30 ans. «Cette situation de renégociation des clauses par petits morceaux s’est faite au profit du concessionnaire» a lancé Nestorine Sangaré, coordonnatrice du Consortium Burkina 2050, par ailleurs ancienne ministre de la Femme. D’une convention initiale d’affermage de 15 ans qui a été prorogée de 20 ans, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire ont signé avec Sitarail une convention de concession révisée à très long terme (30 ans) qui est entrée en vigueur le 1er Janvier 2019. 

A entendre Nestorine Sangaré, le Burkina Faso a signé la Convention de concession révisée (CCR) en juillet 2017 avec la Direction générale de Sitarail dont les clauses prévoyaient que, Sitarail investisse ou pas pour le renouvellement, le développement et la maintenance du chemin de fer, il (Sitarail) continuera d’exploiter le chemin de fer. 

Les ministres ivoirien et burkinabè des Transports annonçaient à l’issue de leur audience avec le Premier ministre Christophe Dabiré le 1er mars 2019, le lancement des travaux du Burkina Faso avant la fin du premier trimestre de l’année en cours. Mais, s’indigne Nestorine Sangaré, la date de lancement prévue à mi-avril de cette année a été reportée sine die. 

Selon les explications de la coordonnatrice, Sitarail a décidé de remettre en cause l’entrée en vigueur de la Convention de concession révisée en invoquant des questions qui n’ont pas été abordées lors des négociations. «Elle réclame de nouvelles concessions aux deux Etats comme condition pour l’entrée en vigueur de la CCR. Au niveau du Burkina Faso, il se plaint du fait que le pays ait entrepris les études pour la construction du chemin de fer Ghana-Burkina en mentionnant le transport de minerais sur ce tronçon. Il s’inquiète du fait que cette éventualité risque de remettre en cause l’équilibre financier de son investissement promis pour la réhabilitation du chemin de fer» a-t-elle expliqué. En réalité, a-t-elle fait savoir, Sitarail s’engage dans  un remake de la négociation sans fin qui a marqué la mise en œuvre de la convention initiale. «Plusieurs observateurs voient des indices qui montrent qu’elle veut se retirer de la CCR en faisant porter le tort aux Etats afin d’obtenir des dédommagements», a-t-elle indiqué.

Analyses critiques de la coordonnatrice

Pour Nestorine Sangaré, la première expérience du Partenariat public-privé (PPP) qui concerne la Concession de la gestion du chemin de fer Abidjan-Kaya à Sitarail est un échec commercial, financier, technologique, social et politique pour le Burkina Faso. «Cette expérience de concession ne profite qu’aux entreprises françaises. Le Burkina Faso est un pays souverain, ce n’est pas la propreté privée d’une famille» dit-elle.

Pour le Consortium Burkina 2050, cette convention révisée est un «cadeau offert» au groupe Bolloré. «Ce qui se passe est indigne par ce que, le contrat n’est pas équitable, c’est de l’exploitation, c’est du bradage des ressources, pourtant nous sommes pauvres. On ne peut pas laisser une famille venir prendre des ressources et repartir, et après on serait là à s’entredéchirer. C’est de la responsabilité de tous. Pendant 24 ans, si elle est là, c’est parce que ça lui rapporte» s’indigne la coordonnatrice du Consortium. 

Le syndicat des retraités du chemin de fer du Burkina s’indigne aussi contre cette nouvelle Convention révisée. Pour le syndicat, aujourd’hui, 13 gares sur 23 sont fonctionnelles en territoire burkinabè avec une injustice entre les employés burkinabè et ceux ivoiriens.

A entendre la coordonnatrice, le Programme d’ajustement structurel (PAS) qui a prévalu pour la privatisation du chemin de fer n’est plus à l’ordre du jour et a été un échec sur plusieurs plans. Elle précise que la gestion privée du chemin de fer n’est pas plus performante que la gestion publique. «Si l’on compare les performances de la gestion faite par les services publics à celle de l’opérateur privé Sitarail, malgré l’application d’une tarification exorbitante des services, l’impact sur le développement du Burkina Faso au cours des 24 années écoulées est mitigé et non perceptible» a-t-elle avancé.

Il faut stopper  «l’hémorragie» 

Consortium Burkina 2050 estime qu’il faut mettre fin à la Convention avec Sitarail, engager des négociations séparées avec l’Etat ivoirien pour la gestion conjointe du chemin de fer dans le cadre du Traité d’amitié et de coopération, évaluer la situation actuelle du patrimoine ferroviaire et rapatrier les équipements envoyés en Côte d’Ivoire et au Niger. Consortium Burkina 2050 demande qu’il soit mis en place une équipe permanente compétente et pluridisciplinaire de négociateurs burkinabè parce que, regrette Nestorine Sangaré, «nous n’avons pas de négociateurs au Burkina Faso. Les Burkinabè sont complexés autour de la table de négociation».

En rappel, la convention initiale de gestion du chemin de fer a été signée le 12 Décembre 1994 avec Sitarail, une entreprise de droit ivoirien détenue à majorité par le Groupe Bolloré, dont le siège est à Abidjan en Côte d’Ivoire. Elle a connu trois avenants (21 septembre 1995, novembre 2001 et 8 juillet 2004).

 

 

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