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CULTURE

« La danse, c’est une thérapie qui peut réparer des blessures, soigner l’esprit et le corps. C’est aussi un outil de méditation et de réconciliation ». C’est dans cette optique que le Centre de développement chorégraphique (CDC) « la Termitière » en collaboration avec l’association Nèma a porté sur les fonts baptismaux le projet « Hors limites ». Le lancement officiel du projet, dont l’objectif est de permettre aux jeunes réfugiés internés dans les camps de retrouver la confiance, de garder espoir et de reprendre corps avec le milieu ouvert, est intervenu le samedi 20 juillet 2019 à Ouagadougou.

Prennent part à cette première session du projet qui va du 20 juillet au 4 aout 2019, 61 jeunes réfugiés venus des camps de Djibo et de Dori, (Région du Sahel). Au cours de ces deux semaines, ils participeront activement à des ateliers de danse et de  musique. Ensuite interviendra la 2e session prévue du 8 au 22 septembre prochain avec une restitution prévue en décembre 2019. Le projet se déroule également au Niger avec également deux sessions et une restitution.

Pour le chorégraphe Salia Sanou, l’un des directeurs artistiques du projet, Hors limite se veut « un temps de respiration, d’ouverture, de découverte » pour ces jeunes qui vivent en vase clos dans les camps de réfugiés. « C’est un projet d’atelier de danse qui vise à permettre à ces jeunes réfugiés de garder l’espoir et de continuer à vivre. Un camp de réfugiés est un endroit clos et fermé sans activité. Faire la médiation culturelle par la danse et la musique, c’est permettre un tant soit peu à ces jeunes d’avoir un nouveau souffle (…) » a fait savoir Salia Sanou au lancement dudit projet.

Initialement, les ateliers de danse et de musique au profit des réfugiés se tenaient depuis plusieurs années sur les sites abritant les camps, mais compte tenu du contexte sécuritaire, ils se tiennent à Ouagadougou au CDC la Termitière. Une dérogation qui n’est pas mal en soi car selon Salia Sanou : « permettre à une soixantaine de jeunes de sortir de leurs camps, venir à Ouagadougou pour participer à des ateliers tout en découvrant une autre ville, c’est plus que de la respiration. Ils ont un nouveau souffle pour faire face à l’adversité et de continuer à exister en tant qu’être humain ».

Pour les réfugiés, ce projet est tout simplement une aubaine car il vient apaiser leur cœur tout en donnant du rythme à leur quotidien. Ag Ataher Mohamed Assalek, réfugié et résident au camp de réfugié de Mentao, porte parole du groupe s’explique : « Hors limite nous permet de nous familiariser avec les aspects culturels comme la danse et la musique. En dehors de cela, il va contribuer à apaiser nos cœurs à réduire nos soucis comme la nostalgie de notre pays. (…) Une fois de retour nous partageons nos connaissances avec les enfants et les jeunes restés sur place ».

Cette session, la première, qui s’est ouverte juste après le cérémonial de lancement se terminera le 4 aout prochain. « Hors limite » est exécuté sous la direction artistique de Salia Sanou et Maman Sani. Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, le Burkina Faso accueille plus de 23 000 réfugiés maliens qui vivent dans deux camps regroupés de la région du Sahel et à proximité. 

 

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